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Journal d’une femme de chambre : une pièce de théâtre à ne pas rater

Idée sortie Culture pour les Parisiennes : « Journal d’une femme de chambre », à la Folie Théâtre : Destin mouvementé d’une subalterne.

Fin des années 1890 – début des années 1900, décor minimaliste, intimiste : éclairage, parquet de scène, murs noirs, une porte, une vieille malle beige, celle de Célestine la soubrette, pleine de ses pauvres trésors, dont son fameux journal.

actrice-journal-femme-chambreDécor nécessaire, magnifiquement adapté à la forme de récit choisi par le metteur en scène William Malatrat, qui n’en est pas à son coup d’essai, et qui laisse totale liberté à l’imaginaire du spectateur, et à l’immense présence de l’actrice Karine Ventalon, qui habite le personnage de Célestine, plus qu’elle ne le joue. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si le monologue a été primé plusieurs fois aux Petits Molières 2015.

Une jeune femme venue de sa Normandie natale, quittant la pauvreté ainsi qu’une mère alcoolique et maltraitante.

Elle se décrit comme jolie et bien de sa personne, grande, blonde, de beaux yeux bleus… et qui l’est effectivement !

Elle laisse volontiers transparaître une sensualité parfois débordante, qu’elle pourra mettre au service de certains de ses maîtres notamment le maladif Georges, envers qui elle nourrira une pitié amoureuse.

Quant à la malle, au gré du récit, elle sera par la magie du jeu de Célestine, chaise, lit d’amour, lit de mort, lavoir, abri pour se blottir et se cacher, ou bien simplement valise lors de chaque départ ou arrivée.

Ce récit qui s’adresse à nous, spectateurs, bien plus que déclamé, sera vraiment vécu, sans contrainte ni retenue, parfois mimé à la façon d’un Marcel Marceau, parfois nous laissant dans l’inconfortable position de voyeurs,
Célestine nous fera partager, avec humour , parfois violence, révolte sa triste vie de chambrière de cette fin du xix siècle, corvéable à merci , sans considération, traitée comme un objet utile par ses maîtres, jetable à la première incartade et souvent comme objet d’ assouvissement sexuel de ces derniers. .

Ses différentes places de femme de chambre dans la bonne société d’alors, nous fera passer en revue les travers, mais aussi les frustrations, les vices et les perversions de la haute société de fin de 19ème siècle. Même si a aucun moment, elle ne cherchera à cacher ses propres vices et à se faire passer pour une Sainte-nitouche.

Outre son propre personnage, par ses dons d’imitation, elle nous fait vivre les autres acteurs de sa vie de misère, sa mère, ses patronnes, ses maîtres, et en miroir, la brutalité de ses amants.

La fin de la pièce vous réservera une belle surprise.

La pièce justement, par sa mise scène ingénieuse et imaginative et par une performance d’actrice exceptionnelle durant près d’une heure et quart, aura permis de rendre fidèlement l’esprit du roman éponyme d’Octave Mirbeau, sans tomber dans le travers du théâtre boulevardier.

La juste récompense par des « tonnerres » d’applaudissements et plusieurs rappels.

A voir absolument.
Teaser en fin de page…
Reservation: FolieTheatre.com

Pièce de théâtre : Le journal d'une femme de chambre

Affiche de la pièce de théâtre : Le journal d'une femme de chambre

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