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Idée sortie : « La Peur » de Stefan Zweig, au Théâtre Michel

Pour qui veut partager un bon moment avec sa moitié, ses amis ou sa famille, le théâtre est toujours une bonne idée, plus intimiste que le cinéma, plus incarné.

Nous avons été voir « La Peur » de Stefan Zweig, mis en scène par Elodie Menant au Théâtre Michel et le moment était si parfait que nous nous devions de le partager avec vous.

Pour qui a déjà réfléchi à la confiance, la peur, l’aveu, l’espace de grandeur et de petitesse qu’est le couple, cette pièce est faite pour vous.

Les nouvelles de Zweig, celui qui a su peindre l’âme humaine dans ses plus sombres et menus recoins, sont toujours une bonne matière pour le théâtre. Elles sont parfois simplement lues sur scène, le texte devenant alors l’acteur principal et elles sont parfois mises en scène, avec plus ou moins de bonheur. Car il faut réussir à incarner son style ciselé, ses analyses psychologiques d’une grande finesse, sans tomber dans le verbiage ni l’illustration. Elodie Menant, grâce à une mise en scène très hitchcockienne et à des acteurs formidables de vérité, relève le pari avec brio : mettre en scène du Zweig sans le dénaturer, en lui donnant au contraire une dimension oppressante et actuelle sublime. Sans toutefois s’interdire des libertés, propres au metteur en scène.

La peur de Stefan Zweig jouée à Paris

La première scène, dans la nuit silencieuse et noire, nous plonge dans la peur bien avant que celle-ci ait un objet, nous fait sentir la peur, maison blanche sur fond noire. Puis nous faisons la connaissance d’Irène, indolente bourgeoise et de son époux Frantz Wagner, avocat. Ils semblent s’aimer mais le venin du quotidien, l’usure a déjà fait son travail. Elle s’estime délaissée, lui incompris. Elle entame une liaison avec son professeur de piano, vague incarnation d’un bohème romantique un peu falot.

S’ensuit une spirale de mensonges dans laquelle s’enferme Irène avec la déliquescence du couple. Lui, Frantz, sent bien qu’elle lui cache quelque chose et lui demande avec insistance de tout dire.

Lui de son côté fait des efforts pour se rapprocher de sa femme : des après-midi de liberté, une promesse de vacances en famille. La spirale du mensonge va s’aggraver avec l’apparition d’Elsa, qui se dit maîtresse du professeur de musique et qui va la suivre, la harceler, la faire chanter jusque dans sa propre maison.

Par un jeu subtil et puissant d’acteurs, on se met à croire que ce qui se passe devant nos yeux, est l’illustration d’un délire d’Irène que l’on dirait poursuivie par sa conscience. Effet Fight Club.

La peur de Stefan Zweig mise en scène au Théâtre Michel (Paris)

La souffrance et la peur d’être dénoncée à son mari est telle qu’Irène songera à la mort. Pour qui ne connait pas la nouvelle de Zweig, nous ne dévoilerons pas le coup de théâtre qui nous laisse bouche bée. Mais Elodie Menant ne se contente pas de ce premier coup. Fidèle à l’esprit de Zweig, elle change la fin grâce à un dernier retournement, superbe.

Toute cette atmosphère délétère de suspens, de tension, de peur d’angoisse proche du délire est magnifiquement rendue par la mise en scène dépouillée et efficace d’Elodie Menant et par le jeu criant de vérité et époustouflant des acteurs. Fin de la pièce, un silence tendu. Puis plus de dix minutes de standing ovation. Courrez-y !

idée sortie au théâtre à Paris

Quelques mots sur le spectacle
Spectacle joué au Festival d’Avignon en 2014, 2015 et 2016.
Reprise au Théâtre Michel à Paris (8eme) du Jeudi au Dimanche (inclus) à 19h.

Adaptation et mise en scène par Elodie Menant (son site). Pièce distribuée par Hélène Degy, en alternance avec Elodie Menant, Aliocha Itovich et Ophélie Marsaud.

Allez les ladies, à ne pas rater.

La bonne adresse
Théâtre Michel
38, rue des Mathurins
75008 Paris, France.
Réservez votre place ici.

Affiche de "La Peur" de Stefan Zweig au Théâtre Michel à Paris

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